En redressement judiciaire depuis juin 2012, le volailler Doux a présenté, mardi 26 novembre, son plan de continuation devant le tribunal de commerce de Quimper. Le groupe attendait de cette audience la validation de son plan de reprise, à savoir l’entrée à son capital du groupe saoudien Al-Munajem, l’un de ses principaux clients, et de la holding de la famille Calmels, D&P, annoncée lundi. Le tribunal a mis sa décision en délibéré à vendredi. Lire : Doux conclut un accord de reprise avec Calmels et Al-Munajem « Selon les termes de cet accord, la holding Calmels (D&P) devient l’actionnaire majoritaire du groupe Doux avec 52,5 % du capital, aux côtés de deux actionnaires de référence à savoir le groupe Al-Munajem (25 %) et la famille Doux (22,5 %) », a indiqué le groupe dans un communiqué. Dans le cas de la validation par le tribunal de cet accord, Doux sortira du redressement judiciaire et pourra continuer son activité. Dans le cas contraire, jugé très peu probable, il sera liquidé.

RECENTRAGE SUR L’EXPORT ET LA TRANSFORMATION

Doux entendait ainsi démontrer aux juges qu’il est « capable de financer son besoin en fonds de roulement, ses investissements industriels et le remboursement de son passif », selon Régis Valliot, administrateur judiciaire du groupe, pour qui « toutes les conditions semblent réunies pour que l’on puisse se présenter sereinement devant le tribunal ». Pour sortir de l’impasse, et malgré la suppression des aides européennes, le volailler s’est recentré ces derniers mois sur l’export et la transformation (Père Dodu) après s’être allégé de son pôle frais, liquidé au prix de la suppression d’un millier d’emplois. Il compte désormais 2 100 salariés, dont environ 1 700 en contrat à durée indéterminée. L’année 2014 restera cependant celle de tous les dangers pour le volailler, alors que l’industrie agroalimentaire traverse une crise sans précédent en Bretagne, suscitant la colère de milliers de travailleurs victimes de restructurations.

CONCURRENCE BRÉSILIENNE

A l’arrêt en juillet des restitutions – ces aides de Bruxelles qui permettaient aux poulets européens d’entrée de gamme de concurrencer les volailles brésiliennes sur le marché international et notamment au Moyen-Orient – s’ajoute l’effondrement du réal, qui rend le poulet brésilien encore plus compétitif. Le groupe, fondé en 1955 et dont le siège est à Châteaulin (Finistère), assure la production de poulets sur toute la chaîne : de l’élevage à la transformation. Il dispose de cinq sites de production en France, trois couvoirs et deux usines d’aliments.