Les deux géants chinois du transport maritime se serrent les coudes

CoscoCosco et China Shipping annoncent un partenariat. La Chine veut augmenter son influence dans le transport maritime. Le groupe chinois China Ocean Shipping Company (Cosco), premier armateur chinois, a annoncé qu’il avait conclu un accord-cadre de coopération stratégique avec China Shipping, l’autre grand groupe public du secteur. La déclaration publiée par Cosco précise qu’il s’agit de mettre en commun les ressources des deux sociétés« dans les domaines du transport, des opérations sur les terminaux, de la logistique, de la construction navale, de la réparation de navires, etc. ». Bien que vague, le partenariat, signé à Pékin la semaine dernière, semble balayer un large spectre. Il vise en effet à avoir, pour les deux sociétés, « une croissance coordonnée » et plus encore, précise Cosco, à « être mieux préparés aux changements industriels, afin d’augmenter l’influence des sociétés chinoises de transport maritime dans l’industrie mondiale ». Surcapacités En matière de changements industriels, c’est bien une crise que traverse actuellement le secteur en Chine. Si la baisse des tarifs du fret maritime mondial affecte toute l’industrie, il s’y ajoute ici une composante chinoise : les chantiers navals sont en effet l’un des secteurs qui ont été le plus marqués, pendant les années fastes de la Chine et durant le plan de relance impulsé à la fin 2008, par le surinvestissement. Comme la sidérurgie, le ciment, le charbon ou les panneaux solaires, cette filière se retrouve en situation de surcapacités. A la mi-2013, le secrétaire général de l’Association chinoise des chantiers navals avait jugé qu’un tiers des entreprises du pays pourraient fermer au cours des cinq ans à venir. Certaines estimations étaient plus sombres encore. Depuis, il est devenu clair que la stratégie de Pékin était de pousser à la consolidation du secteur, en laissant les petites sociétés péricliter. Et manifestement, en poussant les plus grosses à se serrer les coudes. A ce stade, il ne semble pas être question pour autant de fusionner Cosco et China Shipping, respectivement numéros cinq et neuf mondiaux. Mais de les aider à se redresser, les deux groupes affichant des pertes dans le transport de conteneurs depuis 2008 Source: Mer et Marine